Récit de mon Séjour
La terre est dorée , caressante par sa luminosité, envoûtante par sa
virginité, l'âme se transporte sous un ciel bleu limpide, on oublie vite
les tracas de la vie absurde et nous voila dans un chemin de béatitude.
L'esprit se vide le long du trajet, le cœur se renforce par le poids de la
chaleur qui entoure chaque pierre, chaque roche, qui surgissent de nul
part, pour construire leur monde fait de ténacité et d'endurance.
Comme des explosions de sentiments , les montagnes du désert
surgissent,résistent, subjuguent et laissent les yeux émerveillés puis perplexes.
Le long du chemin vers Essaouira, le vent change de cap et de tonus à
chaque virage,il devient cajoleur, plus féminin à l'approche de la ville.
Les arganiers, les oliviers, les sabras qui longent les routes, les mules,
les chameaux, les brebis, un mélange de vie qui fait de ce pays un
tableau d'une beauté exquise.
Des pins et de la verdure qui couvrent la nudité petit à petit ,
le sable se mélange avec la terre qui devint rougeâtre et pudique,
le mariage est sublime.
Et contre toute attente, une plage surgit comme un mirage, le rêve
des navigateurs
terrestres, entrevoir la plage.
Cette mer que mon esprit ne veut plus oublier, possède en elle une ardeur et une
autorité épousées par une douceur et une alacrité.
Elle te prend par son calme, son écoute, sa grâce, elle te laisse l'adopter, la câliner
et la prendre en gouttelettes dans ton cœur.
Les dunes aux alentours, les îles de gauche et droite, la forteresse , le métissage ,
les souvenirs de l'histoire baignent sous un ciel d'un aube frémissant, portant toute
l'ardeur des vagues, en sel , en chants de mouettes,qui bercent chaque
âme le long de la journée jusqu'au crépuscule.
Le baiser du soleil sur Essaouira chaque soir est unique, comme celui
d'un amant, le mien surement .
Il prend le temps qu'il faut pour laisser son empreint, son éclat ,
son orange virant vers un rouge de passion, un amour que j'ai retrouvé
dans cette beauté divine,une réponse, un vœu et un plaisir.
La vielle ville avec sa squalla, ses canons et son port, ses bateaux
de pêche, son architecture hybride, on croit voir une forteresse anglaise
avec sa tour, imaginant une histoire de marins, de batailles navales.
Des portes avec des empreints d' étoiles, des coquillages et des fleurs, des inscriptions en arabe et des entrées qui rappellent les temples grecques.
Des pêcheurs qui veillent sur la ville, leurs sourires éclatent d'innocence.
Essaouira est surement la ville la plus artistique du royaume, des galeries, des artistes
dans chaque coin de rue, des artisans et des couleurs chaudes et sensuelles.
Dans chaque ruelle, les artisans se partagent les richesses de cette
ville, connue par sa thuya, ses bijoux en argent, sa tapisserie,
son lainage et ses huiles.
Une ville en éveil continuel.
Les visages de différentes races , couleur, finesse, se partagent
les arômes de la mer,l'aura du ciel, les germes de la terre.
La cohabitation des langues, des cultures, des religions dans
un silence souverain ,l'amitié peut naitre dans cette ville, rien que
par le bonjour, le salam et le shalom.
Sur la terrasse, les mouettes m'ont soufflé ses mots,
leurs chants doux , leur présence au permanent banni la solitude.
Essaouira , je garderais toujours de toi cette quiétude, cet amour
retrouvé ,cette muse que je garderais au fond de mon cœur.
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Vagues et allégresse
Je t'ai connu amoureuse ;
Sur ton brouillard je dessinais mon ange.
Sur ton port je prenais mon envol !
Je voguais vers la flamme de mon cœur.
Je revenais le soir cherchant espoir.
De le voir, de savoir sur quelle vague il vole.
Le chemin vers toi est une traversée de vallées colorées :
De figuiers, arganiers, amandiers, oliviers.
Ton parfum de bois embaume ma foi de saveurs d'éden.
Ton Sabra nourrit ma patience en consistance.
Mon esprit s'affaisse et se redresse vers la béatitude de t'entrevoir.
Tes vagues se déchaînent sur mon âme en quête de nouvelles.
Elles portent le mystère des poètes.
La muse des hommes de lettres.
Le vibrato des mélomanes.
La verve des maîtres peintres.
Ton ciel embrasse mon corps frêle ;
Brise, zéphyr, lyre, je suis amante de tes délires.
Je me couvre de toile en laine pour te séduire.
Je suis tes dédales en espérant te découvrir.
Je sculpte tes murs dans l'attente de t'entretenir.
Je retombe dans le plaisir d'aimer sous tes désirs.
Ton vent voyageur, baroudeur, cajoleur cherchant aventure.
Ta terre odorante, opulente, enivrante, berçant ma culture.
Tes canons portants histoire, terroir et territoire.
Tes mouettes exhalant leurs fraîcheurs, leurs clameurs et leurs vigueurs.
Je te retrouve havre de sérénité, bastion des gardes de paix, ville de fraternité.
Sur ta plage nonchalante, ombrageuse, posée et enjouée.
L'amour se fond dans ton âme, ton essence et ton souffle ;
Telle une vague nourrissante et un sable assoiffé :
Sablant, lapant, lampant vie et vitalité, alacrité et vivacité,
Renaissance, reviviscence, survivance.
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